Mon printemps 2020 en séries

L’arrivée du printemps n’a pas été tout à fait celle que l’on espérait. Passée une bonne partie en intérieur, la saison la plus agréable de l’année, qui marque le retour des oiseaux, des abeilles et des fleurs, n’a pas été profitable pour tous les amoureux de la nature. Comme pour vivre par procuration, la consommation de séries télévisées est montée en flèche depuis le mois de mars. Les programmes déjà prêts à envahir les ondes ont pu profiter de l’attention d’un grand nombre de téléspectateurs, condamnés à tourner en rond dans leurs espaces clos. Parmi ces programmes tombés à pic, quatre séries ont su sortir du lot (en plus de Zoey’s Extraordinary Playlist), non seulement en nous offrant une qualité bienvenue en ces temps troublés, mais aussi en nous rappelant qu’elles ont encore beaucoup de choses à nous dire sur la réalité du monde extérieur.


Watchmen ~ Damon Lindelof

Damon Lindelof a depuis longtemps révolutionné le monde des séries télévisées. Avec Lost et The Leftovers, qui ont respectivement marqué les années 2000 et 2010, le créateur a su proposer des programmes toujours novateurs et centrés sur l’humain.  En prévision de la nouvelle décennie, Lindelof nous offre un faux remake de Watchmen, une œuvre totalement différente du film et des comics, pour nous conter l’état du monde actuel, et notamment exorciser le racisme encore brûlant sur le territoire américain. Grâce à une réalisation ambitieuse, un scénario au suspense constant et une ambiance musicale transcendante (orchestrée par le duo Trent Reznor et Atticus Ross), Watchmen s’engouffre dans le genre super-héroïque pour mieux le pulvériser de l’intérieur. À travers neuf épisodes tous magistraux, la série montre le racisme comme un véritable traumatisme historique et culturel, qu’il s’agit aujourd’hui de se remémorer pour contrer tous les suprémacismes et les oppressions encore à l’œuvre. La série met surtout un grand coup de balai dans la représentation des femmes et des Noirs à l’écran, grâce au personnage d’Angela, porté par la talentueuse Regina King, qui devient envers et contre tout une figure hyper-contemporaine de la justicière masquée et peut-être même de l’héroïne toute puissante aux supers-pouvoirs suprêmes. De quoi faire évoluer une bonne fois pour toutes, avec intelligence et virtuosité, les mentalités encore étriquées du paysage audiovisuel actuel.


Never Have I Ever ~ Mindy Kaling

Après les deux échecs télévisuels notables qu’ont été Champions et Four weddings and a Funeral, Mindy Kaling revient sur le devant de la scène avec une série pétillante et fédératrice. Avec Never Have I Ever, la créatrice nous offre une parenthèse adolescente pour le moins unique. La série suit le quotidien de Devi, une jeune indo-américaine un peu geek qui aimerait accéder au monde séduisant des élèves populaires, dont fait partie Paxton, le garçon qu’elle convoite. Derrière ses atours de comédie colorée et légère, Never Have I Ever aborde en réalité des thématiques profondes et tout à fait sérieuses telles que le deuil, la confiance en soi, les difficultés de l’éducation monoparentale ou encore la question de l’identité, qu’elle soit culturelle, sexuelle ou créative. Grâce à ces dix petits épisodes diffusés sur une plateforme aussi regardée que Netflix, le talent de Mindy Kaling se voit enfin révélé au grand public qui, espérons-le, sera désormais assez curieux pour aller découvrir ses deux autres grandes réussites que sont The Mindy Project et The Office.


Trying  ~ Andy Wolton

En temps de crise, on a toujours besoin de séries sans prétention pour décompresser. Et quand ces programmes font preuve d’intelligence et de malice, c’est encore mieux ! Diffusée sur la plateforme Apple TV+, Trying fait partie de ces petits délices dont il serait bien dommage de se priver tant ils font du bien au moral. Avec son humour décomplexé, son charme britannique dévastateur et sa sensibilité à fleur de peau, la série suit le parcours de Nikki et Jason, un jeune couple londonien confronté à l’impossibilité d’avoir des enfants. Lancés dans l’enfer des procédures administratives pour adopter un bébé, ces deux personnages attachants aux préoccupations réalistes devront apprendre à accepter leur condition financière modeste et leurs problèmes personnels pour enfin trouver la voie de la parentalité. À travers huit épisodes tous réussis, Trying parvient à nous offrir une jolie comédie touchante et romantique, tout en soufflant un vent de fraîcheur et de légèreté sur le monde souvent sombre des séries.


The Last Dance ~ Jason Hehir

Quoi de mieux pour retrouver la pêche qu’une bonne série documentaire sur l’une des plus grandes stars du sport ? C’est l’entreprise dans laquelle s’est lancé Jason Hehir : revenir, le temps de dix épisodes, sur la montée en puissance de l’équipe de basket des Chicago Bulls et de son joueur emblématique Michael Jordan. À l’aide d’images d’archives et de témoignages de professionnels du sport comme de personnalités illustres, The Last Dance décortique toute l’histoire de l’équipe pendant la saison 1997-1998, en s’autorisant quelques sauts dans le passé pour nous conter l’enfance et l’évolution des différents joueurs, ainsi que le rôle important des recruteurs et des entraîneurs, véritables acteurs de cette réussite collective. La série fascine non seulement par le portrait qu’elle dresse de ces sportifs de haut niveau, mais aussi parce qu’elle met en avant toute leur détermination et leur dépassement de soi, comme une philosophie que tout un chacun devrait adopter. De manière intimiste, parfois émouvante et toujours euphorisante, The Last Dance montre le sport comme un remède aux blessures intérieures, sans oublier de consacrer les légendes vivantes que sont Michael Jordan, Scottie Pippen et Dennis Rodman, qui ont su redonner au basket tout son pouvoir fédérateur.

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