Le meilleur et le pire des séries découvertes en 2016

À force de côtoyer nos écrans de télévision ou d’ordinateur jour après jour, les personnages de séries deviennent de véritables partenaires de vie. Émouvants, drôles et profondément humains, ils nous apprennent parfois à nous connaître mieux par cette chose merveilleuse qu’on appelle l’identification. Il arrive pourtant que quelques-uns de ces personnages nous soient antipathiques et qu’on n’ait plus envie, après seulement quelques épisodes, de les inviter dans notre salon. Dans ce top suivi d’un petit flop, vous découvrirez  toutes les séries et les personnages qui ont élu domicile près de mon canapé en 2016, et ceux, un peu trop surestimés à mon goût, que j’ai préféré laisser sur le pas de la porte pour tenir compagnie à mon paillasson.


Le meilleur :

master-of-noneMaster of None, créée par Aziz Ansari : Dans un paysage télévisuel où le cynisme est roi, les doutes et les tergiversations d’Aziz Ansari viennent offrir une bonne dose d’humanité à nos âmes lasses d’un désenchantement devenu norme. En se posant de réelles questions sur les relations amoureuses, la vie active, le rôle des parents, la solitude des personnes âgées, la place des acteurs d’origine indienne au cinéma, les différences entre les hommes et les femmes et surtout sur quelle direction donner à son existence lorsqu’on a passé la trentaine et qu’on n’est pas prêt à se ranger, Master of None brasse divers sujets avec une subtilité et un humour rarement croisés sur le petit écran. Grâce à des dialogues volubiles et à la sensibilité jusqu’ici insoupçonnée d’Aziz Ansari, la série nous dit en réalité que l’émotion et l’humanité sont les véritables voies à suivre pour toute oeuvre qui entend cheminer jusqu’aux coeurs de ses spectateurs. Un programme moins blasé qu’infiniment tendre qui balaye d’un revers de main toutes ces séries âpres et désabusées telles que Girls, Man Seeking Woman ou encore Broad City, en leur chantonnant avec toute la bienveillance du monde : « Try a little tenderness ».

Downton AbbeyDownton Abbey, créée par Julian Fellowes : Devenue une véritable institution outre-Manche, Downton Abbey est l’une des rares séries à avoir su garder une constance remarquable sur l’ensemble de ses six saisons. En plus de sa reconstitution brillante de l’Angleterre du XXe siècle, une époque tiraillée entre la préservation de ses traditions et l’avènement du progrès, tous les personnages, aristocrates comme domestiques, s’y montrent dignes d’intérêt. Entre les tribulations amoureuses de Matthew et Mary, les sacrifices de la jeune servante Anna, l’altruisme et la bonté infinie de Sybil – véritable héroïne austenienne bien décidée à privilégier ses émotions aux conventions -, et les prises de bec mémorables entre Violet et Isobel, incarnées par les excellentes Maggie Smith et Penelope Wilton, la série fait de chaque destin individuel un tableau romanesque où se mêlent passions et désillusions. En un mot, la qualité britannique dans toute sa noblesse.

Parks and RecreationParks and recreation, créée par Greg Daniels et Michael Schur : Avec ses personnages attachants, son humour décapant et un propos optimiste, Parks and recreation est sûrement l’une des meilleures comédies de ces dix dernières années. Dans la ville fictive de Pawnee en Indiana, Leslie Knope, véritable protagoniste volontaire et féministe incarnée par Amy Poehler, se bat quotidiennement pour atteindre ses ambitions professionnelles, mettre ses idées politiques en application et surmonter ses échecs avec panache. Aux côtés d’une joyeuse bande d’amis constituée notamment de l’exubérant Tom Haverford (Aziz Ansari, encore lui), de la très étrange April Ludgate et du libertarien pure souche Ron Swanson, Leslie nous apprendra avec fantaisie, mais aussi avec un coeur immense, qu’il faut toujours croire en ses rêves et que face à l’adversité, rien ne vaut l’union et la persévérance. Avis aux enthousiastes !

Crazy Ex-GirlfriendCrazy Ex-Girlfriend, créée par Rachel Bloom : Programme coloré et musical porté par l’extravagante Rachel Bloom, Crazy Ex-Girlfriend séduit d’abord par son côté loufoque, ses répliques savoureuses et ses chansons parodiques, avant de révéler toute sa complexité. Derrière la bonne humeur et les fanfreluches se cachent en réalité bien des maux – alcoolisme, obsession amoureuse, échec conjugal, irresponsabilité – qui font des différents personnages des êtres humains aux failles proches des nôtres. Mêlant comédie, drame et romance désabusée, Crazy Ex-Girlfriend a également le mérite et l’audace d’interroger notre rapport au bonheur et de le remettre en question de manière subtile et cocasse. Finis les clichés et les bluettes où tout se déroule sans encombre : Rebecca Bunch et sa nouvelle bande d’amis sont là pour nous prouver que la vie n’est pas toute rose et que nos désirs font parfois désordre.

Wayward PinesWayward Pines, créée par Chad Hodge : Sous ses airs foutraques, Wayward Pines brasse divers genres avec intelligence : enquête policière, drame familial, paranoïa fantastique et science-fiction viennent se mêler avec harmonie dans cette petite ville d’Idaho à l’atmosphère étrange. Malgré des acteurs pas toujours convaincants et une deuxième saison en demi-teinte, le programme parvient à redéfinir à chaque nouvel épisode les lignes de son intrigue et à retrouver l’adhésion du spectateur précisément là où il l’avait perdue. Quelque part entre Twin Peaks, Le Village, Desperate Housewives et 1984, la série s’affiche comme un objet fascinant jusque dans ses failles et incontestablement unique, où la notion de rêve américain prend un sens tout particulier et sur lequel l’âme de M. Night Shyamalan, producteur du programme, plane telle une ombre bienveillante.

MomMom, créée par Chuck Lorre, Gemma Baker et Eddie Gorodetsky : Après The Big Bang Theory et Mon Oncle Charlie, Chuck Lorre offre un tournant exclusivement féminin à sa carrière. Avec Mom, le créateur de séries à succès parvient à redonner ses lettres de noblesse à la sitcom dite « classique » en s’intéressant à des personnages en lutte avec la vie : Christy et sa mère Bonnie (incarnées par Anna Faris et Allison Janney, parfaites dans leurs rôles), décomplexées mais profondément humaines, sont de véritables héroïnes du quotidien. En adoptant un réalisme surprenant pour aborder des thèmes difficiles tels que les problèmes d’argent de la classe moyenne et les diverses addictions des personnages, Mom n’oublie pourtant jamais de créer le rire à partir du drame, grâce à des répliques lubriques et un humour dévastateur. De quoi relativiser nos petits tracas de tous les jours…

Super Fun NightSuper Fun Night, créée par Rebel Wilson : Dans cette série qui n’a malheureusement duré qu’une seule saison, Rebel Wilson se montre pour la première fois comme un être vulnérable et attachant. Habituée aux rôles exubérants où elle peut mettre en scène ses rondeurs sans complexe (voir Pitch Perfect et Célibataire mode d’emploi), la jeune actrice australienne révèle enfin ses failles, son manque de confiance et les difficultés à assumer son corps face aux regards masculins. Un programme rempli d’humour et d’humanité, où l’acceptation de soi passe par des étapes tantôt loufoques, tantôt douloureuses. Super good show !

Jason SudeikisMention spéciale à Jason Sudeikis, qui a su insuffler une vraie bouffée d’émotion dans The Last Man on Earth, un programme malheureusement trop occupé à vouloir créer des situations déjantées pour laisser parler son cœur. Une reprise de Space Oddity de David Bowie, une discussion intergalactique avec un ver de terre et des retrouvailles fraternelles auront marqué le passage touchant de Sudeikis dans la série. De quoi vouloir rester bloqué(e) seul(e) sur Terre à ses côtés.


Le pire :

Black Mirror, créée par Charlie Brooker : Réussissant à se faire plus stupide que la société hyper-connectée qu’elle entend dénoncer, Black Mirror enfonce des portes ouvertes en nous confrontant à notre relation aux écrans dans des épisodes tous plus maladroits les uns que les autres. Très mal écrite, tapageuse et moralisatrice, la série s’affiche comme un programme immature et sonne creux dès son invraisemblable pilote. Les Britanniques nous avaient habitués à (beaucoup) mieux qu’à ce miroir sans éclat.

Broad City, créée par Ilana Glazer et Abbi Jacobson : En prônant un féminisme qui privilégie l’exhibition à l’émancipation, cette redite de Girls devient rapidement pénible, la faute à des situations scabreuses et des personnages vulgaires qui nous rappellent que ces étranges spécimens composant la gent féminine sont capables du pire pour essayer de « s’élever » au même niveau d’indécence que certains comiques masculins. Le monde avait pourtant bien assez d’une seule Lena Dunham.

Mr. Robot, créée par Sam Esmail : Avec sa pseudo-critique de notre monde actuel, Mr Robot attire le chaland pour ensuite se déliter considérablement dans une intrigue principale qui se perd sur plusieurs pistes déjà exploitées mille fois (schizophrénie, paranoïa, addiction à la drogue, hacking). Un programme geek paresseux qui a bien du mal à tenir ses promesses et qui aurait gagné à se montrer davantage misanthrope et cynique. Malheureusement, n’est pas Fincher qui veut.

15 réflexions sur « Le meilleur et le pire des séries découvertes en 2016 »

  1. J’ai vraiment adoré la première saison de Crazy Ex-Girlfriend. Mais j’avoue avoir plus de difficultés à m’attacher aux personnages avec la deuxième saison. J’apprécie les termes sérieux abordés mais je trouve ce début de saison 2, globalement triste. Je dis çà, mais un nouvel épisode est disponible et je ne l’ai pas encore vu. J’y cours !

    Je suis enchantée de la découverte One Day at a time (Au fil du temps). Je trouve cette sitcom très bien réalisée. Les dialogues, les acteurs, la mise en scène, tout me fait rire et me bouleverse à la fois. C’est un gros coup de cœur !

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  2. Wayward Pines a été pour moi aussi une belle découverte. Même si j’ai préféré la première saison à la seconde, j’ai hâte de voir la suite 🙂
    Par contre, je n’ai jamais tenté Black Mirror. On m’avait dit que les épisodes étaient pour la plupart très dérangeants, du coup, je me suis dit que ça allait me perturber plus qu’autre chose et que je n’allais pas en dormir de la nuit –‘

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  3. Wayward Pines est une série très intrigante. Je suis d’accord, la saison 2 est moins passionnante que la première, mais elle finit sur une touche qui donne envie d’en découvrir davantage. 🙂
    Certains passages de Black Mirror sont assez dérangeants oui. Personnellement, je les trouve plus racoleurs qu’horrifiques, mais vaut mieux ne pas tenter, tout simplement par que cette série est très médiocre ! 😉

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  4. Pour wayward pines, j’ai carrément préféré la saison 2, moi qui n’aime pas forcément la science fiction, je l’ai trouvée moins ennuyante que la première… (et j’étais contente que l' »autre » sois mort^^)

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