Le Hobbit : La Bataille des cinq armées ~ Peter Jackson

The Bitter End

Chaque saga doit, un jour ou l’autre, toucher à sa fin. Mais conclure une série de films n’a jamais été chose facile. Résoudre les enjeux mis en place par les films précédents, combler les attentes d’un public en quête d’émotions fortes, offrir des adieux dignes de ce nom aux fans les plus férus : autant de défis à relever pour quiconque s’est essayé à l’exercice de la franchise à succès. Onze ans après Le Retour du roi, Peter Jackson nous emmène une dernière fois en Terre du Milieu, où l’épique et le spectaculaire ont laissé place à une amertume retentissante.

Après un deuxième volet prometteur, cette troisième et dernière partie du Hobbit retrouve tous les défauts du premier film. La comparaison avec Le Retour du roi étant inévitable, c’est bien là que le bât blesse. Les petites failles gênantes dans le premier opus – l’absence de magie, une émotion trop superficielle, des longueurs pesantes – deviennent ici difficilement acceptables. Jackson ne parvient pas à retrouver le souffle de sa première trilogie et finit par plonger son film dans une apathie communicative, qui s’empare du spectateur comme des comédiens.

Ainsi, les personnages semblent totalement désincarnés : Orlando Bloom alias Legolas ne porte plus sur son visage la bienveillance d’autrefois ; les nains, tout de même au centre de l’intrigue, nous font regretter le charisme et l’attrait d’un Aragorn souverain ; le duo Gandalf/Galadriel ne fait que répéter les gimmick, usés jusqu’à la corde dans les précédents films. L’humour non plus n’est pas au rendez-vous, et le génial Martin Freeman ne trouve jamais dans ce troisième opus l’occasion de s’adonner à ses pitreries burlesques habituelles. Une léthargie qui se répand tel un virus donc, qui vient également contaminer l’ensemble de l’imagerie et des effets spéciaux.

Si la constitution de l’armée et le combat final du Retour du Roi hantent encore nos esprits, Le Hobbit : La Bataille des cinq armées ne parvient à aucun moment à graver ne serait-ce qu’un seul plan dans nos mémoires. La grande bataille finale annoncée dans le titre se déroule d’ailleurs dans une indifférence générale. Ce qui saute plutôt aux yeux, ce sont les défauts de l’image, et parfois même, sa laideur. Si le dragon Smaug est toujours aussi réussi techniquement – bien que trop rapidement expédié scénaristiquement -, les effets spéciaux apparaissent souvent comme bâclés. Plus particulièrement, la scène où Thorin est littéralement happé par un sol doré atteint des sommets d’infamie, que Jackson n’avait encore jamais effleurés jusqu’ici.

Toutes ces faiblesses, qui ne font que mettre en exergue la rapidité avec laquelle Peter Jackson s’est empressé de boucler sa saga, auraient pu être pardonnables si elles n’étaient pas survenues dans cette conclusion censée être inoubliable. Il est bien loin le temps où Jackson savait nous prendre par les sentiments tout en comblant nos désirs d’aventure. Au final, le seul point positif qui ressort de toute cette mascarade, bien plus commerciale que réellement réussie, c’est qu’elle donne diablement envie de revoir la trilogie du Seigneur des Anneaux en son entier. Le petit Hobbit ne sera malheureusement pas parvenu à détrôner son aîné et ne fait qu’en confirmer la postérité. Le Seigneur des anneaux, une saga pour les gouverner toutes ?

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